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Les 100 plus grands artistes rock & pop !? : NME, on va te classer la gueule

  • 8 août 2014
  • 3 min de lecture

Quoi de mieux qu'un classement scandaleux pour faire monter les ventes ? Et pour en rajouter une couche, faisons couler de l'encre en excluant tous les habitués du top 100. Peut être que nombre des mélomanes sont has been et se rattachent trop à des groupes qui n'ont plus aucune influence directe sur la scène actuelle, c’est tout du moins ce que prétend la rédaction de NME qui serait donc en avance sur nous, marquant par ce classement l'entrée dans une nouvelle ère musicale où Arctic Monkeys et The xx sont les nouvelles références. A vrai dire, dans le fond, l’idée n’est pas absurde. Publier une liste de 100 noms qui est toujours la même n’a en effet pas beaucoup d’intérêt musicalement, et encore moins d'intérêt pour les ventes du magazine. Toutefois, il me semble que la véritable erreur ne réside ni dans l’oubli de certains grands noms, ni dans les classements parfois contradictoires. Ce que je reproche vraiment à NME, c’est de se tromper volontairement sur les mots. Après, évidemment, comme le rappelle Craig de Chain of Flowers, il faut prendre un classement NME pour ce qu’il est, et rien de plus.


" It's an NME list, so it's ridiculous to start with."


NMECover100InfuentialArtists_CMA3_050814.jpg

source - une méthodologie de bâtard


Mais bon, prenons-nous tout de même au jeu et faisons couler de l’encre à notre tour :


Argument évident : nous ne nous sommes toujours pas affranchis de l’influence des Beatles, Stones, Dylan, Young, Kraftwerk, Eno etc. Et là je parle bien d’influence, pas des posters que les gars de Green Day choisissent d’afficher dans leur garage (si si, Green Day a bien été utilisé comme argument pour justifier la place de Billy Bragg dans le classement : après tout, que serait la musique sans leurs ballades?). Et ce, même si l’analyse se restreint aux deux dernières années, chose qui devrait d’ailleurs être précisée d'emblée, mais qui rendrait évidemment moins choquante (et serait donc moins vendeur) la mention « Beatles not included » en première de couverture.

Il ne s’agit pas d’un classement des 100 artistes les plus influents, mais des 100 artistes préférés des artistes les plus récurrents dans les magazines NME (cf article de la rédaction) : ce n’est tout de même pas pareil. Exemple : Bowie dit être influencé par Brel. Pourtant, à part sa reprise d’Amsterdam (qui n’a rien apporté à la musique), peut-on vraiment dire que l’influence de Brel se ressent chez Bowie ? Je ne pense pas. L’influence peut être indirecte.

La rédaction reconnaît s’appuyer sur l’occurrence des noms d'artistes dans les articles et de leurs inspirations respectives sur les deux dernières années : ok, mais une fois de plus, est-ce réellement pertinent ? En quoi l’occurrence d’artistes dans NME est représentative de la scène musicale des deux dernières années? Quid des indépendants peu connus qui influenceront la scène de demain?

Autre exemple : Robert Smith, contrairement à ce que laisse croire NME (qui l’a pourtant récompensé au NME Awards de 2009 en tant que « godlike genius »), est beaucoup plus que l’emblème du goth (qu’il n’est d’ailleurs même pas vraiment). De plus, je ne vois pas le rapport entre The Horrors et les Cure si ce n’est la coupe de cheveux. C’est ce qui m’amène au quatrième problème: les petits textes de justification qui accompagnent le classement ne sont que des caricatures.


Bref, merci à NME d’utiliser ce système d’occurrence qui nous a permis par le passé d’établir beaucoup d’autres conclusions extrêmement pertinentes :


spuriouscorrelations.jpg

Myma

 
 
 

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